~ Interview des créatrices « Léon Rose Magma » ~

J’ai découvert Léon Rose Magma lors d’une vente organisée par « Des Filles en Aiguilles ». Le stand a rapidement attiré mon regard par ses pièces originales, ses couleurs, son pétillant et sa bonne humeur. Sérieusement, je pense que n’importe quelle pièce illuminera votre journée !!!

Morgane et Salomé, les deux créatrices, ont accepté de me recevoir dans leur atelier. Histoire d’une rencontre.

Bonjour,

Merci beaucoup d’avoir accepté cette interview et de nous faire partager votre univers décalé.

Parlez-nous de votre parcours et de la création de la marque
Nous avons toutes deux fait un BTS design de mode à Tourcoing puis un DSAA (Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués) conception et création textile à Roubaix. Nous avons été en colocation pendant deux ans ce qui a participé à approfondir notre complicité.

Puis chacune a fait son expérience de son côté (NB : Morgane à Barcelone et Salomé chez Arte puis chez une créatrice coréenne) et cela nous a beaucoup appris avant de nous lancer pour LRM !

Comment avez-vous décidé de créer votre propre marque et de vous lancer à deux dans l’aventure ?
Suite à nos expériences, nous étions assez frustrées de ne pas pouvoir plus nous lâcher en tant que créatrices.
Le fait de nous lancer toutes les deux était finalement assez naturel puisque nous avions déjà beaucoup travaillé ensemble lors de projets d’étude puis en parallèle à nos boulots.
Par exemple, nous avons monté un défilé performance intitulé « Auras ». Autour de ce projet, beaucoup de mise en scène, l’envie de faire rêver, un travail autour du textile et du décor. Puis on s’est dirigé vers le prêt-à-porter. Une collection est née (d’abord une dizaine de pièces puis plus). Nous avons gagné le concours Who’s Next (en 2010). Ca a fait boule de neige, grâce aux rencontres puis au développement d’une clientèle de professionnels et de particuliers.

 D’où vient le nom de votre marque Léon Rose Magma ?
Au départ, notre marque s’appelait « Morgane et Salomé » (nos deux prénoms). Mais au moment de déposer officiellement la marque, nous nous sommes rendues compte que la marque « Morgan » bloquait dès qu’il y avait ce nom dans le domaine du vêtement. Pour ne pas se prendre la tête avec ça, nous avons cherché autre chose, du coup pas forcément lié à nos personnes mais une identité pour la marque. Nous voulions à la fois quelque chose qui sonne français et soit facilement prononçable dans d’autres langues. Léon Rose Magma est ressorti après pas mal de recherche. C’est notre potion à nous, une anagramme de Morgane et Salomé, le prénom Léon sonne bien français, rose donne un côté plus féminin et évoque la fleur et la couleur, magma apporte un côté plus énergique, violent, fluide et vivant à la fois, c’est une matière qui coule, nous échappe. Cela donne aussi une impression de puissance et de densité.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Au départ, on voulait à la fois avoir un projet artistique et du prêt-à-porter. Nous travaillons beaucoup pour les arts du spectacle, avec une forte connotation multi disciplinaire
Par exemple, nous produisons des costumes de scène et des performances : Vidéos, installations, scénographie.

Quelques mots sur votre lieu de travail, le 6B
Nous sommes ici depuis un an environ. L’association 6B a été créée par Julien, un architecte. Voyant les anciens bureaux d’Alstom inoccupés, il a eu cette idée de permettre à des artistes (musiciens, plasticiens, photographes, architectes…) de louer un espace. Ca a fait boule de neige et désormais, ce lieu vit au rythme de sa programmation.

Typiquement, la cafétéria, tenue par des artistes également, est notre cantine mais surtout un lieu d’échange et de partage.

 

A qui s’adressent vos œuvres ?
Nous nous inscrivons dans une gamme créateur, avec des petites séries. La fabrication se fait en France et en Europe.
Nous pensons que nos clients cherchent un vêtement avec un supplément d’âme, un univers fort, une identité. Nos créations se rapprochent de l’œuvre d’art ou de l’objet design.
Pour nous, il est aussi très important d’accompagner l’histoire des objets, le vêtement n’est jamais seul. Ainsi, on aime aller à la rencontre de nos clients, échanger avec eux. Même sur notre site web, nous souhaitons pouvoir raconter chaque collection.
Ainsi, le client s’approprie le vêtement sans avoir l’impression d’être loufoque, il joue avec la mode, s’exprime par sa manière de s’habiller. On pense qu’une femme ne cherchera pas forcément dans nos vêtements (uniquement ?) à séduire ou être jolie mais plutôt à s’exprimer, s’affirmer dans son originalité, sortir des sentiers battus, avec peut-être aussi un côté avant-gardiste.

Comment s’organise la création à deux ? Quelles sont les difficultés ou au contraire les avantages ?
Nous avons le même parcours et les mêmes compétences techniques. On se partage donc tout dans le processus créatif : on se répartit les tâches, on discute de tout (parfois longuement !). Bien sûr, il faut savoir faire des compromis.  Mais nous nous connaissons bien et depuis longtemps, nous avons des goûts communs, des références communes qui nous rapprochent, ainsi qu’une même vision de la création. D’ailleurs, être à deux nous aide plus qu’autre chose dans le sens où chacune est moteur pour l’autre. On se motive et on s’encourage en cas de coup dur, de passage à vide.

Concernant le processus créatif, souvent, on a un point de départ : focaliser sur une partie du corps et d’un univers (cf. les collections visibles sur leur site : Abysse, Jackpot) que nous déclinons : épaulettes, cols claudines, plastrons, bijoux de hanches, de sein, d’épaule.

Quels sont vos projets actuels ?
Autant que possible, on travaille sur des projets qui nous plaisent.

Nous travaillons actuellement sur un costume de scène pour Léopoldine Humel, une comédienne chanteuse musicienne. Elle participe au Festival de caves dans la région de Besançon. Le concept : Il existe un programme mais on ne connaît pas le lieu jusqu’à la veille de la représentation. Son spectacle est assez déluré : Elle entre en scène en combinaison de survie et en rampant.  Plus de détails sur le festival : http://www.compagniemalanoche.fr/fr/bio.html

Pour cette pièce se déroulant dans une cave, lieu sombre et humide, ce qui nous a inspiré, par contraste, est le papillon de nuit, on voulait un « monstre de cave » mais joli, avec une ambiance très coloré et pastel et un important jeu de matières.

Généralement, nous ne travaillons pas de manière privilégiée avec telle ou telle matière ou couleur, cela change tout le temps au gré des collections et au service de l’histoire à raconter. Un point commun, peut-être, c’est d’apprécier de travailler toutes sortes de matières et tissus, comme les tissus techniques ex : néoprène (combinaison de plongée) et faire des mélanges, des associations inattendues. Le toucher aussi est très important (nous travaillons comme des plasticiennes). Notre dernière collection par exemple, Jackpot, tourne autour du fruit : sa chair, sa peau, ses pépins.

Pour la collection précédente, Abysse, sur les fonds marins et l’étrange, nous nous sommes orientées vers un toucher plus froid, presque humide, des matières ou couleurs foncées.

 Quelles sont les prochaines expo-ventes ? Où peut-on voir votre travail ?
Sur notre site bien sûr http://www.leonrosemagma.fr/

Vous y découvrirez les boutiques où on peut nous retrouver ainsi que les photos des collections et un e-shop. Nos actualités y figurent aussi.

Est-ce que vous suivez la mode ? Les noms qui vous inspirent ?
Nous sommes abonnées à Fashion mag.

On regarde beaucoup les défilés surtout dans les périodes où on réfléchie aux prochaines collections. Ça peut nourrir nos planches tendances. Nous suivons également le salon « Première vision » pour voir les tendances en matière de tissu !

 Comment définiriez-vous votre style/look ?
On porte nos propres créations, il nous arrive de faire des échanges avec d’autres créateurs qu’on connaît ou qu’on croise dans les salons et ventes éphémères.

Sinon, on mixe avec des fringues de grandes enseignes ou chez Guerrisol !

 Une anecdote de shooting ou de reportage ?
Nous avions vendu quelques pièces, lingerie, accessoires, à une boutique américaine, bien placée à Los Angeles (la boutique Undressed). Lors de l’événement de lancement, une star a acheté un bijou de sein (Tori Spelling connue depuis la série Beverly Hills qui a justement un décolleté assez « spécial »).

 Pour finir, pouvez-vous partager avec nous :
Vos bons plans resto sur Paris ?

Madame Shawn, 64 rue des Dames 75017
La crêperie Pen-Ty (galette nature) 65 rue de Douai 75009
Casa Lola (franco italien oriental) 12 rue Francoeur 75018 (goûter le tian)

Votre playlist du moment ?
La Roux “In for the kill”
Gotye
Tune yards
Wu Lyf
Imogene Heap “Hide and Seek”
Fever Ray
Serge Gainsbourg

 Quels conseils donneriez-vous à de jeunes créateurs souhaitant se lancer
C’est finalement assez personnel car chacun aura son approche (travailler seul ou à deux comme nous, avoir une boutique ou pas). Le mieux est souvent d’avancer au feeling !
Nous, on aime les endroits avec une forte créativité comme ce lieu. On aime être entourées, pouvoir communiquer.
Sinon, il ne faut pas négliger l’aspect commercial.
Il faut également une bonne dose de confiance, être persévérant, travailler, être patient… Les choses prennent du temps à se mettre en place mais il ne faut pas baisser les bras pour autant !

 

Merci les filles et à très bientôt !
 
PS : Dans un prochain article, un look avec une de leurs créations : j’ai craqué pour un collier d’épaules trop beau…

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